vendredi 3 février 2012

Comme ça. En passant.

Je regarde l'écran bleu et blanc de Facebook, qui me happe les yeux et j'y prend de moins en moins plaisir. C'est un tel dépotoir à paraître...

Je suis dans une bulle d'estime de soi. Le froid anesthésiant réchauffe l'âme de ceux qui l'aiment. Les doigts gelés d'être restée trop longtemps dehors à discuter histoire et politique. Ce que je ressens ? Une effusion de réflexions, d'idées, de questions, de réponses. Je lis Neruda en espagnol et Locke dans ses théories. J'ai beau avoir faim quand je reste des heures à la bibliothèque Sainte Geneviève sans sortir, tout ça, les mots, les gens, leur vie passée et les centaines d'hivers depuis... tout ça, ça nourrit.


jeudi 19 janvier 2012

Humeur équine

Je voulais vous parler de la relation qui m'unit aux chevaux. Mais c'est une tâche plus difficile que prévue. C'est un échange tellement silencieux et presqu'intime qu'il n'est pas aisé de mettre des mots dessus.

Imaginez un œil, un œil de cheval. C'est bien rond, plutôt noir ou marron foncé, mobile. Imaginez ses oreilles, sans cesse en mouvement. Une tournée vers l'avant, l'autre vers l'arrière, considérant les moindres bruissements ; les deux en avant quand, au loin, quelque chose bouge ; flanquées contre la nuque pour éloigner l'autre. Imaginez l'encolure, ou très droite, ou tombante dans la détente, étendue lorsque la crainte se mêle à la curiosité. Imaginez ses lèvres, frémissantes ou décontractées. Imaginez un pied antérieur tapant le sol en signe d'agacement, un postérieur qui lance un coup dans le vent ou dans un congénère. Imaginez le corps du cheval, la bulle de sécurité qu'il maintient autour de lui. Entrez dans sa bulle et voyez comme il fuit ou comme il agresse. Ou, habitué, voyez comme il se laisse faire, touchez chaque partie de son corps, sa peau dure, la terre qui a séché sur son poil d'hivers, les endroits où sa robe se fait toute douce ou à l'inverse les crins rêches et emmêlés. Voyez qu'à certains endroit le cheval refuse ne serait-ce qu'on l'effleure. Pour certains, ce sont les oreilles. Grattez, au niveau du haut de l'encolure ou du dos et voyez comment le cheval remue les lèvres, tend et tord l'encolure, montre son plaisir. Asseyez-vous à côté du cheval. Il parait alors immense, un animal tellement puissant, tellement craintif. Mais vous savez qu'il ne vous fera pas de mal tant qu'il vous considère. Tout comme le cheval heureux de votre venue ou du pain dur qui l'attend, accourt au galop et pile à seulement quelques centimètres de vous. Faites-en le tour mais comprenez que le cheval fonctionne différemment de l'humain. Ses codes ne sont pas les nôtres, alors il faut les intégrer : instinct grégaire, instinct de fuite, domination, bulle... Pour vivre cette expérience, il faut se faire cheval.

Il est peut être difficile pour le profane d'imaginer être cheval mais c'est une ouverture vraiment exceptionnelle. L'ouverture vers un langage sans mots et sans faux-semblants.

Gitane

vendredi 23 décembre 2011

Le quotidien de madame César

Tu veux que je te dise ? Certains ne sont vraiment pas sympas, mais pas sympas du tout. De qui je parle ? De ceux qui font en sorte que tous les ans, malgré les larmes des étudiants et même des profs, les partiels tombent la première semaine de janvier.

Alors rien que pour ça je passe la première semaine de mes chères et délicieuses vacances à Paris, dans mon bureau, à la bibli, dans les bouquins et les notes, parmi mes crayons et stylos, entre le stabylo orange piqué à ma maman et le stabylo jaune acheté à un prix exorbitant... La belle vie !!

Alors, j'essaye d'éviter de me dire qu'en ce moment, mon frère est tranquillement chez mes parents, respire l'air de la campagne, n'a strictement rien à faire (ha si, "un croquis par jour" tout de même !). J'évite aussi de penser à mes juments dont j'aurai pu m'occuper. J'essaye d'occulter mes petits parents que je vois rarement, leurs petits plats mitonnés...

Moi, c'est tartine de Kiri - compote pomme/poire. Pas de quoi se réjouir, mais j'ai vu pire (= absence totale de choses à grignoter, je vous assure, c'est un supplice !). Et puis j'ai mes chats. Ptit'Noir qui vient me rendre visite de temps en temps, Leeloo, sur mon bureau, qui tente inlassablement de s'installer sur mes cours (j'ai beau lui dire non, elle s'installe à quelques centimètre puis, à force de s'étirer et de ramper perfidement, elle arrive peu à peu à recouvrir la moitié de la page que je suis en train de recopier bien au propre sur mon ordinateur !).

Madame César, c'est une allusion (qui n'a pas de sens je l'admet) à mes cours. Pourquoi Scipion Emilien, Marius, Pompée, César et toute la bande ont-ils fait autant de guerre ? Contre autant de peuples aux noms si étranges ? Et pourquoi n'ont-ils pas fait tout ça la même année ? Ca aurait quand même été plus simple, non ?

Madame César se plaint beaucoup trop. Après tout, je suis bien ici, aux côtés de mon mur noir de moisissure, bien au chaud (humide), auprès du Poupou qui est tout gentil (cf. la petite assiette de gâteaux avec un café et deux sucres qu'il m'a préparée en guise d'en-cas tout à l'heure).

Après tout, demain c'est le réveillon, et je les revois tous pour Noël !




lundi 12 décembre 2011

Les derniers aventuriers

En cette période de début d'hivers, une pensée pour les marins engagés dans le Trophée Jules Verne, un tour du monde sans escale par équipages. A ce propos, dans son blog sportif Fortes Têtes, Cécile Traverse cite Loïck Peyron parlant des marins et de leurs quête de "l'inutilité" :


« Pourquoi ces marins tournent-ils autour du globe sur un engin démentiel et à des vitesses ahurissantes ? Quel est l'intérêt de la démarche ? J'imagine que l'on peut toujours se demander : à quoi ça sert ?
 
Conquérants d'un inutile quasiment indispensable, les marins du large sont peut-être les derniers aventuriers. Conscients ou non des valeurs qu'ils représentent, ils demeurent, aux yeux des terriens, de drôles de créatures se nourrissant exclusivement d'alcool et de tabac, tirant sur des ficelles, la tête dans les nuages et les bottes aux pieds s'en allant comme ça, un jour, juste pour faire un tour… Certes, c'est un peu exagéré, mais l'essentiel est là car ce marin est, avant tout, un assoiffé de liberté, rappelant à son frère, cloué à terre, que le bleu est la couleur qui sied le mieux aux hommes libres ». 

 (lemonde.fr, 1er Décembre 2011)
Gitana Eighty, le bateau de Loïck Peyron, le 21 novembre 2007 au large de Salvador de Bahia | Marcel Mochet AFP/archives

The city I love

Aujourd'hui, je peux vous le dire : j'aime Paris. Il aura fallu du temps pour m'habituer au bitume mais ça y est, j'aime ma ville, j'aime le monde et l'effervescence. Et la vie, partout.

© http://www.oqamy.fr/

mardi 29 novembre 2011

Dame La Ville

© Carnet d'Abord

Bête de bitume, les millions de fourmis
S'affairent sur toi inlassablement
Elles n'ont de cesse et même la nuit
De transporter leur chargement

Chargement de la vie sur les épaules de l'âme
La bête de bitume n'en n'a que faire
Ceux qui se plaignent et ceux qui se pâment
Finiront ensemble dans la bière

Dame de routes et de pavés
Qui nous dégoute, nous fait rêver
Tu nous permet d'être, en ton sein
Des anonymes sans destin

dimanche 20 novembre 2011

Balade d'automne

Fidèle à mon habitude de raconter nos petites balades dans Paris, je vais vous parler mùp:l!)=^sdxxxxxxxxx ... Haem, veuillez m'excuser mais Petit Noir a voulu s'exprimer. Etant partisane de la liberté d'expression, y compris de celle des chats, je laisse donc ce message qui, je l'espère, vous touchera ou du moins vous fera réfléchir.
Revenons à nos moutons,
Le Parc Georges Brassens, dans le 15e arrondissement, a été aménagé
sur les anciens abattoirs de Vaugirard.



Heureusement pour moi, ce ne sont plus des abattoirs depuis les années 70. Il reste tout de même ces deux statues de taureaux imposantes à l'entrée, sculptées par Auguste Caïn. Hormis une petite partie toute naturelle, en bordure de Petite Ceinture, avec plein d'arbres bas, une petite parcelle de vigne, des ruches, le reste est fidèle à ce qu'est un parc parisien le week-end : bondé. Des gamins, des papas qui poussent la poussette en courant, du ping-pong, des poneys qui baladent des gamins, des gamins qui crient et même des gamins qui ne font rien de spécial.

Un peu plus loin, nous empruntons le passage Dantzig et nous découvrons des maisons, de vraies maisons, morceaux de villages coincés entre des blocs de villes.


La rue est pleine de belles voitures. A Paris, un bout de village, ça se paye au prix fort !


Et moi je m'amuse avec mon nouvel appareil photo que mes copains et mon poupou m'ont offert :)